Papa Paul – 1 Corinthiens 2:10 – 3:9

Notre passage est  1 Corinthiens 2:10 à 1 Corinthiens 3:9.

Question pour discussion : Puisque ma nouvelle naissance dépend de l’oeuvre de Dieu, est-ce que cela veut dire que ma croissance spirituelle dépend aussi de l’oeuvre de Dieu ? Est-ce que je dois m’investir dans ma croissance ?

L’apôtre Paul est en train d’expliquer aux Corinthiens que la sagesse de Dieu n’est pas comme celle des hommes. Et de plus, la sagesse de Dieu a seulement du sens pour ceux à qui le Saint Esprit s’est révélé dans la nouvelle naissance (le salut par grâce) et qui par la foi grandissent dans leur dépendance de Dieu.

Arrivé à la fin de 1 Corinthiens 2, on commence à déceler que Paul parle de trois catégories de personnes. Il y a “l’homme naturel” qui ne comprend pas la sagesse de Dieu parce que le Saint Esprit ne s’est pas révélé à lui.

Il y a le “bébé chrétien” ou le “chrétien immature” qui est sauvé, mais qui n’a jamais appris à grandir en faisant bonne usage de toutes les ressources pleinement disponibles en Christ (voir 2 Corinthiens 9:8-9).

Et finalement, il y a le “chrétien mature.” C’est l’enfant de Dieu qui utilise la grâce de Dieu pour grandir, qui s’appuie sur les promesses de Dieu et qui prend le pas de foi nécessaire pour développer son intimité avec Dieu dans la puissance de l’Esprit.

On a la nette impression que Paul place les Chrétiens de Corinthe dans la deuxième catégorie. (voir 1 Corinthiens 3:1-3) On s’imagine Paul en train de dire : “La raison pourquoi vous avez tant de problèmes entre vous dans l’Église est parce que vous êtes des nourrissons spirituels! On a besoin de vous donner à manger, de vous essuyer, et de vous dorloter quand vous devriez être capable de prendre soin de vous-mêmes!”

La question se pose donc. Puisque ma nouvelle naissance dépend de Dieu, ma croissance devrait dépendre de Dieu aussi n’est-ce pas ? Est-ce que cela veut dire pour autant que je n’ai rien à faire pour grandir ? Bien sûre que OUI! J’ai tout un parcours de croissance spirituel que Dieu m’invite à accomplir avec lui. Le problème est que la plupart du temps, je me distrais si facilement, et j’accepte trop facilement la médiocrité que je me laisse aller où bon me semble. Est-ce surprenant alors que je ne grandisse pas dans le Seigneur ? que ma vie Chrétienne est soit-disant plate ? que Dieu semble s’être éloigné de moi ?

J’ai entendu bon nombre de Chrétiens ces dernières années dirent combien ils soupirent pour les jours où ils étaient tout feu tout flamme pour le Seigneur. Et ils sont en réflexion vis-à-vis de leur situation spirituelle qui semble avoir plafonné depuis quelques années. Certes, nous passons tous par des déserts spirituels, mais le dessein de Dieu pour un désert spirituel est de pouvoir plus clairement entendre sa voix et se défaire des distractions qui nous entourent. Est-ce possible qu’en restant là où Jésus nous a rencontré à la nouvelle naissance nous avons oublié de marcher à sa suite sur le chemin de la maturité spirituelle ? Jésus ne fait pas du sur-place Lui! Il est en mouvement. Il vient nous chercher là nous sommes et comme nous le sommes, mais il n’a pas l’intention que nous restions au même endroit pour bâtir une maison. Jésus continue de marcher et il nous faut le suivre !

Un principe important

L’exhortation de Paul aux Corinthiens nous amène à considérer une doctrine extrêmement importante, qui selon moi, est souvent mal comprise. D’ailleurs, je suis surpris de voir combien il est facile pour moi de me tromper à ce sujet quand je considère mes propres luttes dans ma recherche de maturité dans le Seigneur. Nous parlons du principe de la “nouvelle nature.”

La Bible nous apprend que lorsque l’Esprit de Dieu nous “ouvre” les yeux à la nouvelle naissance que Dieu fait de nous une nouvelle créature. (2 Corinthiens 5:17) Toutes choses sont devenus nouvelles parce que nous sommes spirituellement vivants. Avant nous étions morts dans nos péchés.

2004-1128_evolution-of-man

J’ai trouvé une bonne illustration à cet effet. Quand nous ne comprenons pas la nouvelle nature en Christ, nous nous voyons comme le type tout à fait à droite, qui ressemble drôlement à celui qui est tout à fait à gauche. Non, nous ne sommes pas évolués de nouveaux, nous sommes nés de nouveau ! “Venir à Jésus” n’est pas un changement d’apparence. C’est un recréation de toute ma personne. Je ne fais pas qu’ajouter quelques capacités nouvelles, mettre un bel habit, ou changer ma façon de marcher ! Je suis une personne tout à fait recrée à l’image de Dieu. Ma vieille nature n’a en elle rien qui vaille la peine d’être recyclée !

Nous sommes comme le papillon qui sort ses ailes pour la première fois. Nous ne sommes même pas une chenille évoluée, nous sommes un papillon recréé !

butterfly

Ma croissance spirituelle n’est pas d’essayer de rendre meilleure ma vieille nature. Ma vieille nature est morte! Je suis une nouvelle création à l’image de Dieu ! Je fais certaines choses et je ne participe pas à d’autres parce que je n’appartient plus à ma vieille nature. J’appartiens à Jésus Christ. Je suis l’enfant du Roi des rois. On a simplement à lire Colossiens 3 pour comprendre plus précisément la théologie de Paul à cet effet.

L’exhortation est donc de vivre en nouveauté de vie. Comme le vieux chant nous le rappelle, “Crois obéis!”

Qu’est-ce qui t’empêches de vivre pour Christ ? As-tu déjà oublié l’oeuvre que Jésus a accomplit en toi à la nouvelle naissance ? Est-ce que tu t’es laissé distraire par les soucis de la vie ? l’amour de ce qui ne dure pas ? En fait, qu’as-tu fais avec ce que l’Esprit t’as déjà montré de faire ? Le mot repentance me vient à l’esprit en ce moment. (1 Jean 1:9)

On revient donc à notre question de départ : Puisque ma nouvelle naissance dépend de l’oeuvre de Dieu, est-ce que cela veut dire que ma croissance spirituelle dépend aussi de l’oeuvre de Dieu ? Oui, ma croissance dépend de Dieu, mais en même temps il m’invite à y participer par la foi, en le suivant, et en Lui faisant confiance. L’évidence que j’apprends à grandir en sagesse divine est directement reliée à l’intensité avec laquelle je suis dépendant de Lui dans la prière, de la mémorisation et la méditation de la Parole de Dieu, de l’application des commandements de Jésus Christ à ma vie, et de ma disponibilité à accomplir les oeuvres que Dieu a préparé d’avance pour moi.

Deux types de sagesse – 1 Corinthiens 2:5-10

Dès sa venu à Corinthe, l’apôtre Paul fait une distinction intentionnelle entre la sagesse populaire et celle provenant de Dieu. Nous savons que Corinthe avait toutes les caractéristiques d’une ville Greco-Romaine avec sa politique, sa culture, sa spiritualité, et sa recherche d’une richesse commerçante. On peut imaginer l’arrivée de l’apôtre Paul en provenance d’Athènes, une autre ville comme Corinthe, profondemment marqué par son expérience d’évangéliste dans une cité baignée dans la spiritualité et la superstition. On peut sentir sa résolution de faire une distinction entre la sagesse qui vient de l’homme avec toute l’organisation religieuse qui la supporte et la sagesse qui provient de la simple prédication de l’évangile.

Le Paul avant Athènes, et le Paul après Athènes à son arrivée à Corinthe paraissent un peu différents. Le premier semble plus conciliant, le deuxième plus fervent à garder un simple message : seulement Jésus Christ. C’est sur ce point que Paul écrit aux Chrétiens de Corinthe. Croire la bonne nouvelle de l’évangile nous oblige à changer notre façon de voir le monde. L’évangile n’est pas une simple philosophie, elle est une perspective du monde qui influence nos décisions, nos actions, et nos habitudes. Elle est le moyen par lequel nous comprenons et nous vivons notre relation avec Dieu.

5 afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. 6 Cependant, c’est une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n’est pas de ce siècle, ni des chefs de ce siècle, qui vont être anéantis; 7 nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire, 8 sagesse qu’aucun des chefs de ce siècle n’a connue, car, s’ils l’eussent connue, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. 9 Mais, comme il est écrit, ce sont des choses que l’oeil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au coeur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment. 10 Dieu nous les a révélées par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. (1 Corinthiens 2:5-10)

Quelques notes

v.6 …une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits… dans ce cas, “parfait” traduit le mot grec “teleoeis” qui veut dire “mature.” Ceci réfère à quelqu’un qui est arrivé à pleine maturité. Ceci ne veut pas dire qu’elle a fini de grandir ou d’apprendre tout ce qu’elle devrait apprendre. Mais, la personne a achevé sa croissance dans les choses essentielles de la vie. Le terme s’applique à ceux qui sont spirituellement matures. On parle donc de ceux qui ont saisi les fondements de l’évangile et qui les ont appliqué à leurs vies.

Cette sagesse, qui dans quelques versets sera attribuée à la venue et à l’oeuvre de Jésus Christ, n’est pas comme celle de ce monde (“de ce siècle” : lit. de cet âge). Elle n’est pas perçue de la même manière. De plus, elle est éternelle. Elle n’a pas de début, ni de fin. Ceci a bien du sens si elle vient de Dieu, car Dieu Lui est éternel.

Leçon #1 : Si notre sagesse est basée sur la philosophie des hommes, nous risquons le culte de la personnalité. Nous mettons l’homme sur un piédestal.

Quelle est la preuve ou l’évidence que ma foi est mature ? (lire Jérémie 31:31-34; Ephésiens 4:13; et surtout Hébreux 5:13-14) Ma foi est mature quand elle dépend entièrement de l’oeuvre de Jésus Christ pour moi et lorsqu’elle est nourrie par ma relation avec le Christ ressuscité. Oui, ça paraît fou d’écrire une telle chose, même enfantin. Mais, la sagesse de Dieu fait violence à notre propre sagesse naturelle. J’ai besoin de me poser la question, “combien suis-je dépendant de Dieu dans tous les aspects de ma vie ?”

v.7-8 La sagesse de Dieu est…

1) prédestinée : elle était conçue dans la pensée de Dieu avant même le début des âges; 2) cachée : elle est le produit d’une révélation partielle avant la venue de Jésus Christ et donc, progressive – voir Colossiens 1:26-27; 3) connue seulement par révélation – voir Ésaïe 64:3.

…chefs de ce siècle… on parle des chefs politiques et religieux du temps de Jésus.

Leçon #2 : Le témoignage d’une sagesse qui n’est pas populaire (ou de ce monde) peut provoquer chez le Chrétien des sentiments de surprises ou de choque.

C’est une situation classique parce qu’on la retrouve dans plein de domaines de la vie. “Je viens de vivre une expérience superbe et je veux la partager avec quelqu’un d’autre, mais l’autre n’a pas vécu cette expérience.” La plupart du temps on fait face à de l’indifférence. L’autre ne peut pas s’identifier à notre expérience vécue. Mais lorsqu’on parle de quelque chose d’aussi monumental que “le sens de la vie,” la réaction est souvent un peu plus dramatique. “L’autre” n’aime pas se faire dire ce qu’il devrait croire sans en avoir fait l’expérience.

Le dilemme du témoignage chrétien est qu’on témoigne de quelque chose que seuls ceux qui ont rencontrés le Christ peuvent comprendre. C’est pour cela qu’on lit dans 2 Corinthiens 2:15-16a, “Nous sommes, en effet, pour Dieu la bonne odeur de Christ, parmi ceux qui sont sauvés et parmi ceux qui périssent: 16 aux uns, une odeur de mort, donnant la mort; aux autres, une odeur de vie, donnant la vie…”

L’apôtre Pierre nous donne un témoignage exemplaire devant la réalité que la sagesse de Dieu ne dépend pas de l’homme avec ses capacités naturelles. Actes 3:17 nous fait découvrir chez Pierre une attitude envers ses confrères juifs qui tient compte du fait qu’ils ont crucifié Jésus par ignorance. Si la connaissance de la sagesse que représente l’évangile aurait été à la portée du discernement naturel des juifs, ils n’auraient pas crucifié Jésus Christ. C’est ce que Paul explique au verset 8. L’application pour nous reste : quelle est ma réaction envers les gens auxquels je témoigne de Jésus Christ ? Ne devrait-elle pas être semblable à celle de Pierre : avec humilité et douceur ?

Leçon #3 :  Notre certitude devant notre témoignage de vie chrétienne se base sur Jésus Christ qui affermit notre témoignage dans nos vies.

Le message de l’évangile et l’oeuvre de Jésus Christ à la croix ne sont pas des événements isolées à la croix du Calvaire. Ils ont un effet qui se prolonge jusqu’à aujourd’hui. Nous ne croyons pas simplement dans le fait historique que Jésus soit mort, qu’il fut un bon enseignant, un bon exemple. Nous croyons qu’il vit encore aujourd’hui à cause de sa résurrection et qu’il est intimement impliqué dans nos vies.

La sagesse de l’évangile semble se concentrer sur Dieu qui vient chercher des individus sans tenir compte de leurs mérites. Et c’est précisément cette affirmation qui va à contre-courant de toutes nos inclinations religieuses. Car notre sagesse humaine nous apprend que pour connaître Dieu et pour lui plaire, nous devons mériter sa faveur.

La certitude de notre témoignage chrétien se trouve donc en Jésus qui nous affirme, et non dans nos propres mérites ou accomplissements. (voir Romains 16:25)

Question pour discussion : Quand on réalise que la sagesse humaine ne peut pas discerner l’évangile par ses propres moyens, une question évidente se pose. “Dieu n’est-il pas injuste de juger ceux qui le rejettent par ignorance puisque le Saint-Esprit est celui qui révèle le mystère de la sagesse de Dieu ?”

Bref résumé de 1 Corinthiens 1-3

confused man mapLe survol d’un passage peut être utile pour certains qui aiment prendre un peu de recul devant un passage biblique avant de rentrer plus en profondeur. L’étude de la Bible est comparable à l’étude d’un atlas routier. Un atlas contient typiquement trois sortes de cartes routières : nationale, régionale, et urbaine. On utilise chacune selon le niveau de détail qu’on a besoin de scruter. Là où les populations sont plus denses, on scrute une carte plus détaillée qui nous révèle le nom des rues par exemple. Pour de grandes distances, on préfère celle qui nous montre les grandes routes d’une région à l’autre.

L’étude d’un texte biblique suit un peu le même principe. Les épîtres de Paul sont comme des centres urbains sur une carte géographique : beaucoup de contenu en peu de versets. Ceci demande qu’on regarde les versets plus en profondeur pour comprendre où l’on se dirige. Mais de temps à autre, il est important de prendre du recul pour comprendre comment les versets rentrent dans le contexte de l’épître. Ce qui suit est un petit effort dans ce sens.

 

Constat : divisions dans l’assemblée (1 Cor 4:1-9)

Contradiction : Christ n’est pas divisé (v.10-17)

Conflit : sagesse de Dieu = folie pour les hommes (v.18-31) “…votre fierté dans le Seigneur”

Confession : prédication de la sagesse révélée
(1 Cor 2)

Conclusion : division = immaturité spirituelle, besoin d’une sagesse révélé par l’Esprit 
(1 Cor 3)

10 pas vers la maturité chrétienne

J’ai trouvé un site intéressant et très utile pour faire du suivi avec quelqu’un qui s’intéresse à connaître l’évangile ou qui désire grandir dans sa foi. Le lien suivant “1o pas vers la maturité chrétienne” est un cours autodidacte qu’on peut compléter par internet. Et si tu veux, tu peux même répondre aux questions dans les exercices de compréhension et quelqu’un te retournera tes réponses évaluées par courriel. En plus, c’est gratuit. …à conserver dans vos liens utiles.

Je n’ai pas évalué le cours au complet. Mais de ce que j’ai lu, ça vaut la peine d’en prendre note. Si vous essayez le cours, veuillez écrire un commentaire sur ce billet pour qu’on puisse en savoir plus. Merci!

De quoi suis-je témoin ? – (1 Corinthiens 2:1-5)

Contexte : dans le chapitre premier de la lettre aux Corinthiens, Paul met l’emphase sur la primauté de Christ dans l’église et dans la vie du Chrétien. Donc, mettre Christ bien au centre de nos vies, corrige notre vision du monde. Dans le deuxième chapitre, l’apôtre met son emphase sur l’oeuvre du Saint-Esprit. Donc, la clarté de la révélation du Saint-Esprit corrige notre sagesse humaine.

Nous avons toujours le problème de divisions dans l’église de Corinthe en arrière de nos pensées. Il ne faut pas oublier la raison pour laquelle l’apôtre Paul écrit sa lettre. Certes, il voulait encourager les Chrétiens, mais sa lettre avait un but bien précis dès le départ. Par leurs divisions, les Chrétiens de Corinthe avaient montré qu’ils n’avaient pas encore saisis plusieurs grandes vérités de l’évangile. Paul prend le temps de les expliquer dans les chapitres 2 à 4.

Première vérité : votre foi doit être fondée sur la puissance de Dieu et non sur la sagesse humaine

1 Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n’est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. 2 Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié. 3 Moi-même j’étais auprès de vous dans un état de faiblesse, de crainte, et de grand tremblement; 4 et ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance, 5 afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. (1 Corinthiens 2:1-5)

Quelques observations utiles

V.1-2 Paul fait allusion aux discours de sagesse qui étaient tant répandues dans le monde Greco-Romain. Lui n’était pas venu en préchant un message avec l’intention d’être populaire en d’autres mots. Car, le message de l’évangile nous parle tout simplement de Jésus-Christ, et de Jésus-Christ crucifié.

On ne parle pas ici d’un évangile de propsérité, d’un échange spirituel pour le bonheur céléste, ni d’une astuce pour attirer les gens à l’évangile par des moyens subtiles ou indirectes. Paul prêche Jésus-Christ, le fait qu’il est mort à la croix pour le péché d’autres. Par application, le moyen que j’utilise pour “amener” quelqu’un à Jésus Christ devient aussi l’objet de la foi de la personne en question. Ceci veut dire que si je présente l’évangile comme étant une rescousse de la vie plate et pénible, l’objet de la foi de cette personne sera la recherche de la joie et d’une vie sans difficultés. Et le moment que son parcours spirituel affronte des platitudes ou des difficultés insurmontables, elle perd sa foi. N’est-ce pas tragique ?

L’évangile est premièrement à propos de Jésus Christ. C’est de lui que ça parle, et non de moi. Je ne peux pas comprendre l’évangile comme étant l’amour de Dieu pour moi avant de comprendre l’évangile comme étant l’abaissement et la gloire de Jésus Christ mort et ressuscité de la croix pour glorifier son Père céleste. C’est pour cela que l’apôtre Paul prend la peine d’écrire, “Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié.”

V.3-5 L’état d’esprit de Paul nous révèle à quel point il avait résolu de ne pas dépendre sur sa propre sagesse, son éducation, et son habilité humaine, mais plutôt sur la puissance du Saint-Esprit.  Il y a quelque chose d’effrayant dans la démarche d’un prédicateur de l’évangile qui prend sur ses épaules la responsabilité de convaincre les gens auxquels il s’adresse. Il doit certes être convainquant, mais sa confiance ne devrait pas reposer sur de astuces. L’évangile est un message animé par l’Esprit de Dieu. C’est l’Esprit de Dieu qui convainc les coeurs. C’est lui qui les sonde. On peut donc dire que la prédication de l’évangile est accompagnée de la présence de l’Esprit de Dieu. Le messager n’est qu’un simple véhicule, encore soit-il soumis à la direction de l’Esprit.

Application personnelle

Comment Dieu démontre-t-il la puissance de son Esprit dans ma vie ? C’est facile pour nous de s’appuyer sur notre propre intelligence et nos propres aptitudes pour accomplir les oeuvres que Dieu a préparé d’avance. Rendu à l’âge adulte, notre parcours de vie devrait nous avoir enseigné une chose : si tu ne travailles pas par tes propres moyens, tu ne goûteras pas au succès. C’est peut-être pour cela que nous devons devenir comme des enfants pour entrer dans le royaume des cieux. (voir Matthieu 11:25)

Pratiquement parlant, je participe à la communion de l’Esprit dans ma vie lorsque je mets Christ au premier plan de ma vie, autant pour le pardon de mes péchés que pour sa puissance pour vivre ma vie Chrétienne. Le plus que j’apprends à cultiver une relation intime avec le Seigneur, le plus que je vais goûter à la puissance de l’Esprit de Dieu. Car le rôle de l’Esprit est de témoigner de Jésus Christ et d’appliquer son oeuvre dans ma vie. (voir Jean 15:26-27).

Ceci veut dire que je prends le temps de le (Jésus Christ) découvrir au travers de la Parole de Dieu, puisque c’est de lui que la Bible parle. Ceci veut aussi dire que je met du temps à part pour l’adresser dans la prière puisque c’est lui qui intercède auprès du Père pour moi. Le but de ma vie Chrétienne dans cette perspective est de mettre en évidence ma foi en m’efforçant de connaître Jésus Christ et de le faire connaître. Mon témoignage de ma relation avec Jésus est aussi le témoignage de la puissance du Saint-Esprit.

En quoi est notre fierté ? (1 Corinthiens 1:18-31)

Nous sommes toujours dans le contexte d’une résolution de conflits dans l’église de Corinthe. Les instructions de l’apôtre Paul doivent être comprises dans cette perspective autant qu’elle doivent être reçues comme étant inspirées de Dieu pour nous aujourd’hui. Nous finissons le chapitre 1 avec une base théologique qui nous sera très utile pour comprendre les prochains chapitres.

18 Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu. 19 Aussi est-il écrit: Je détruirai la sagesse des sages, Et j’anéantirai l’intelligence des intelligents.

20 Où est le sage? où est le scribe? où est le disputeur de ce siècle? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde? 21 Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication.

22 Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse: 23 nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, 24 mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs.

25 Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. 26 Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n’y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. 27 Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes; 28 et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu’on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont, 29 afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu. 30 Or, c’est par lui que vous êtes en Jésus Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption, 31 afin, comme il est écrit, Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur.

Il est question de la prédication de la Bonne Nouvelle dont Paul fait mention plus tôt. En effet, il n’était pas venu principalement pour baptiser, mais pour prêcher la Bonne Nouvelle, ce même message qui trouve une signification visible dans le baptême. Nous allons donc faire une exégèse légère du passage, puis une application qui est pertinente pour  nous aujourd’hui. Car comme nous l’affirme Paul dans son épître aux Romains, “4 Or, tout ce qui a été écrit d’avance l’a été pour notre instruction, afin que, par la patience, et par la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l’espérance.” (Romains 15:4)

Exégèse de 1 Corinthiens 1:18-31

v.18 Le sujet principal de ce verset est le terme “prédication” (Gr. logos). C’est “l’idée” ou la “prédication” de la mort de Christ à la croix qui est une folie aux yeux d’un groupe de personnes, mais pour un autre groupe de personnes, la même prédication de la mort de Christ à la croix est la puissance même de Dieu. Le terme logos peut avoir la signification d’une prédication, mais ce n’est pas la même signification qu’on utilise pour la prédication qui cherche à convaincre son auditeur. Dans ce cas-ci, c’est plutôt l’annonce ou l’énoncé de Christ mort sur la croix qui semblent annoncer une folie. Ceci veut dire que l’idée même que Christ soit mort sur une croix pour justifier le pécheur est une folie. Ça n’a, en fin de compte, aucun sens logique …selon la sagesse courante ou populaire.

Notez le contraste entre pour les uns c’est une folie, et pour les autres, c’est une puissance. Pourquoi le parallèle ne se poursuit-il pas avec sagesse (c-à-d folie vs. sagesse) ? Je crois que Paul veut vraiment mettre l’emphase que la prédication de la croix n’est pas juste quelque chose que l’on peut comprendre avec un renouveau de pensée, mais qu’elle contient en elle-même une puissance (c-à-d une grâce) de faire quelque chose dans le coeur humain qui n’est pas possible simplement par la raison. Le message de la croix est un message de repentance. On parle donc du coeur, de l’âme qui a besoin d’être atteinte. Le message de l’évangile n’est pas un message intellectuel, mais un message de puissance qui change le coeur. Les prochains versets expliquent le contraste entre ceux qui sont sauvés et ceux qui sont perdus vis-à-vis du message de l’évangile.

v.19 voir Ésaïe 29:14

v.20 Le verset devrait être compris comme étant une question rhétorique. “Regardez ce que la sagesse du monde vous a apporté jusqu’à présent. N’est-ce pas décevant ?”

v.21 …là où la sagesse divine s’est manifestée, le monde n’a pas reconnu Dieu… En effet, là où Dieu s’est révélé, particulièrement au travers d’Israël, les gens l’ont rejeté au travers de la prédication de la sagesse. (voir Romains 1:20-21) Paul est en train d’argumenter pour le fait qu’on ne peut pas être réconcilié à Dieu au travers de notre raisonnement. Il y a un travail du coeur qui doit se faire. Par contraste, le “ceux qui croient” implique la présence d’une révélation de la part de Dieu. C’est ceux qui croient dans ce que Dieu nous a révélé qui sont considérés comme étant “sages.”

v.22-23 Pourquoi une absurdité pour les Grecs ? Les Grecs croyaient que la vie pouvait-être expliquée par la raison. C’est la culture qui donnera naissance à la philosophie classique. Réfléchir sur la vie et qu’il y ait des lois de la nature est très bien en soit. D’ailleurs, Paul emprunte plusieurs mots de la philosophie grecque pour expliquer sa théologie de la grâce offerte aux païens. Ce qui est important de retenir à cet effet est que la raison seule est insuffisante pour être réconcilié à Dieu, sinon, à quoi bon la croix de Christ et sa résurrection d’entre les morts?

Pourquoi un scandale pour les juifs ? Pour comprendre l’ampleur du scandale, nous devons lire Deutéronome 21:22-23 pour voir à quel point Jésus à prit sur lui la malédiction de Dieu à la place du pécheur.

v.24 Le Christ que Paul prêche manifeste la puissance et la sagesse de Dieu au travers de ceux qui sont appelés, ceux qui de façon merveilleuse ont le coeur changé et qui croient au message de l’évangile.

v.25 L’énoncé de Paul pourrait paraître être une simple comparaison à première vue, mais si on y réfléchi un petit peu, on se rend compte que Paul est en train de dire qu’on ne peut même pas comparer la sagesse et la puissance de Dieu avec celles des hommes. Car, là où la puissance de l’homme semble être la plus forte, la “faiblesse” de Dieu n’est pas à porté. La même chose s’applique pour la sagesse de Dieu. Car là où la sagesse de l’homme se révèle à son meilleur, la folie de Dieu n’est même pas sur la même planète. On ne peut donc pas comparer la sagesse de Dieu et celle des hommes. Dieu a choisi de se révéler au travers de quelque chose qui paraît être une folie car sa sagesse n’est même pas sur le même plan que celle des hommes.

v.26-29 Une considération : regardez ceux que Dieu appelle à lui-même, est-ce des gens particulièrement doués ? nobles ? Faut-il faire partie d’un élite économique, sociale, intellectuelle pour avoir accès à la promesse de l’évangile ? “Loin de là!” nous affirme l’apôtre Paul.

Voici trois raisons pourquoi Dieu a choisi de se révéler au travers de ce qui paraît être une folie :

  1. pour confondre ceux qui se pensent sages
  2. pour réduire à “insignifiant” ceux que le monde estime être important
  3. pour empêcher qui que ce soit de se vanter devant son créateur qui LUI, est digne d’être adoré

Pour un discours entre Dieu et un homme qui pensait avoir le droit de plaider sa cause (c-à-d de trouver une petite opportunité de se vanter devant Dieu), lire Job 38.

v.30 La folie de la prédication de la croix pour les hommes, sagesse de Dieu pour sa gloire, se révèle dans la personne de Jésus-Christ. Paul revient à la source. Jésus-Christ est cette révélation de Dieu. Jésus-Christ est devenue une folie, un sujet de scandale, pour attirer notre attention à la révélation de la sagesse de Dieu pour nous.

Voici de quoi s’agit la sagesse de Dieu :

  1. justice (acquittement) : Gr. dikaiosoune : être dans la condition acceptable
  2. sanctification (purification) : Gr. hagiasmos : sanctification… sainteté, l’effet de la consécration
  3. rédemption (libération du péché) : Gr. apo-lutro(n)sis : séparé …rançon payé

Application sur le passage

Nous savons que la foi doit passer par l’intellect, du moins c’est ce qu’implique par nature une révélation. Je fais attention à ce que je dis parce que rien n’est impossible à Dieu. Il est capable d’aller sauvé par exemple un handicapé mental, quelqu’un qui n’a pas la même capacité intellectuelle que la norme. Si Dieu choisi de se révéler à une personne avec des facultés réduites, il peut le faire. Cela ne dépend pas de la personne et de ses capacités dans ce sens.

Paul n’est pas non plus en train de dire que la sagesse du monde est complètement corrompue. Car la nature elle-même révèle la présence d’un Dieu par ses lois et ses interactions. C’est ce qu’on appelle une révélation générale de Dieu. Non, Paul fait référence à la sagesse qui se trouve à la base de comment nous allons aborder le problème du péché, du mal. Quelle est la sagesse qui explique mes questions d’existence, de comment comprendre la réalité qui m’entoure, et qui informe mes choix morales. L’existence d’une sagesse divine introduit un absolu dans le monde de mes valeurs personnelles. Il existe un Dieu qui détermine ce qui est bien et ce qui est mauvais en toutes circonstances et en tout temps. Il existe un Dieu qui explique la raison d’être de la création de laquelle je fais partie. La conclusion de Paul est “…puisque ce Dieu existe, il doit être honoré comme tel.” Donc, la seule réponse acceptable vis-à-vis de la révélation de Dieu est l’adoration du créateur. (c-à-d  la soumission au Créateur)

Où est-ce que cela me laisse aujourd’hui ? Premièrement, et simplement, c’est dans mon intérêt de connaître la sagesse de Dieu qui paraît être à première vue une folie. Cette sagesse est clairement visible au travers de l’évangile qui me dit que je suis un pécheur avec un grand besoin d’être rescapé du péché qui m’habite. Le Dieu créateur t’invites à être réconcilié avec Lui par l’entremise de son Fils qui a prit ta place à la croix (la malédiction du péché).

Deuxièmement, et je m’adresse aux Chrétiens, ma vie a un sens qui vaut la peine d’être vécu. Ma vie a tout un sens qui est le même sens dans tous les domaines de ma vie. J’ai une direction, et une seule qui donne un sens à tous les domaines de ma vie, et c’est la Seigneurie de Jésus-Christ. Je n’ai pas une catégorie qui s’appelle “religion” et une autre qui s’appelle “travail” et une autre qui s’appelle “famille” où la Seigneurie de Jésus-Christ est exclue. Toute ma vie est un terrain saint, mise à part sous la Seigneurie de Jésus-Christ. Je vis donc dans ce monde, mais je ne suis pas à la poursuite de la sagesse populaire, même si celle du monde semble refléter celle de Dieu par moments.

J’apprends donc à dépendre de Dieu en faisant confiance à sa révélation au travers de Jésus-Christ. Ma vie est caractérisée en tout premier par la foi. Et cette foi m’amène à dépendre de Dieu dans la prière chaque jour, dans tous les domaines de ma vie. Je prie pour sa sagesse au travail, avec mes enfants, quand je vais aller voter. Je lis ma Bible en recherchant sa volonté pour mon travail, mes activités, mes décisions, mes choix morales. En fin de compte, ma vie a un sens qui a du sens pour moi dans tous les domaines de ma vie.

Ce qui ne va pas – (1 Corinthiens 1:10-17)

Après avoir défini le “qui nous sommes en Christ” pour les Corinthiens, et après avoir ramené à l’esprit “ce que Dieu avait fait pour les Corinthiens au travers de Jésus Christ,” Paul ajuste sa “mire” sur le problème en question. En effet, l’église de Corinthe était au milieu de controverses et de chicanes qui impliquaient directement les frères et soeurs de l’assemblée. L’apôtre Paul ne perd pas de temps à définir ce qui ne va pas, mais il ne faut pas pour autant en conclure que la lettre est simplement pour redresser et corriger ce qui ne va pas. Paul nous montre une approche pastorale à la controverse qui cherche autant à corriger qu’à instruire. Sa motivation est semblable à un parent qui cherche à reprendre son enfant tout en l’instruisant dans le but de restaurer la relation.

Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus Christ, à tenir tous un même langage, et à ne point avoir de divisions parmi vous, mais à être parfaitement unis dans un même esprit et dans un même sentiment.  Car, mes frères, j’ai appris à votre sujet, par les gens de Chloé, qu’il y a des disputes au milieu de vous. Je veux dire que chacun de vous parle ainsi: Moi, je suis de Paul! et moi, d’Apollos! et moi, de Céphas! et moi, de Christ!

Christ est-il divisé? Paul a-t-il été crucifié pour vous, ou est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés? Je rends grâces à Dieu de ce que je n’ai baptisé aucun de vous, excepté Crispus et Gaïus, afin que personne ne dise que vous avez été baptisés en mon nom. J’ai encore baptisé la famille de Stéphanas; du reste, je ne sache pas que j’aie baptisé quelque autre personne.

Ce n’est pas pour baptiser que Christ m’a envoyé, c’est pour annoncer l’Évangile, et cela sans la sagesse du langage, afin que la croix de Christ ne soit pas rendue vaine. (1 Corinthiens 1:10-17)

Quelques observations

v.10 …c’est au nom du Seigneur Jésus Christ… Paul n’est pas en train de prendre la place d’un évêque magistrale. Il reconnaît qu’il fait partie du même corps que les croyants de Corinthe. Il s’adresse à eux non pas comme étant supérieur, mais en leur rappelant qu’il exerce son ministère sous le regard de Dieu de la même manière qu’il vit sa vie sous le regard de la seigneurie de Jésus Christ.

Rechercher l’unité au sein de l’église n’est pas juste éviter les conflits, c’est rechercher une même façon de pensée. Il peut y avoir une ressemblance à l’unité dans une église tout simplement parce qu’on n’essaie de ne pas faire trop de vagues. Mais dans ce cas-ci, Paul va beaucoup plus loin en insistant sur le fait que l’unité en Jésus Christ demande qu’on recherche activement une même pensée.

Ressemblance familiale (une illustration) : Connaissez-vous l’histoire de la princess Christina de Suède qui accéda au trône à l’âge de 6 ans seulement? Son père, le roi Gustav II Adolph, fut tué pendant la guerre de trente-ans. Quand les conseillers du roi se rencontrèrent pour décider qui allait prendre la place du roi sur le trône, la tante de Christina leur pria de bien vouloir considérer la petite Christina. Certains des conseillers était septiques. Christina entra, et s’assit. Un des conseillers du roi la regarda attentivement, puis après quelques instants, s’exclama, “Nous avons bel et bien une reine devant nous.” Devant les visages surpris des autres conseillers il affirma avec conviction, “Elle est réellement le portrait de son père!” En effet, le droit et le privilège de faire partie de l’assemblée des élus est confirmé par notre ressemblance familiale à Jésus Christ. Ceci est une raison beaucoup plus convaincante qu’un simple “membership” dans une clique quelconque.

v.12 la présence de petites cliques dans l’assemblée nous rappelle que les Chrétiens ne sont pas parfaits. Nous luttons avec nos propres penchants naturels. Ceci était le cas à Corinthe. Il ne faut pas oublier aussi que l’église n’était en existence que depuis 4 à 5 ans. Et la grande majorité des croyants venaient d’un arrière plan païen. On suppose dans ce cas-là que les anciens de l’assemblée ne devaient pas avoir beaucoup d’années d’expérience de vie Chrétienne eux non plus.

v.13-16 Juste pour souligner que Paul avait baptisé au nom du Seigneur Jésus Christ pour mettre l’accent que c’est lui (Jésus) la tête de l’Église.

v.17 “ce n’est pas pour baptiser, …mais pour proclamer la Bonne Nouvelle…” Dans une ville où les rites sacrés étaient choses courantes, il va de soi que le baptême chrétien avait une certain attraction pour ceux désirant se rendre purs par les eaux du baptême. Paul remet l’emphase justement sur le fait que c’est la prédication de l’évangile qui reste au centre de la vie de l’église, et non le baptême. Et que le vrai sacrement est le sacrifice de Jésus Christ sur la croix duquel le baptême tire sa raison d’être.

L’annonce de la Bonne Nouvelle se fait sans recourir aux arguments de la sagesse humaine, afin de ne pas vider de son sens la mort et la résurrection de Jésus à la croix. Les Corinthiens avaient une grande affection pour les discours de sagesse. D’ailleurs, on payait des orateurs pour se divertir par les discours. Et la spiritualité “à la mode” de ces temps-là était les discours de la sagesse. Les grands philosophes grecques prisaient une approche didactique qui cherchait la vérité au travers d’une série de questions et réponses. Ceci reflétait la croyance que la vérité est “découvrable” dans le monde naturel, il suffit de poser la bonne question. Paul commence ici à décrire le contraste entre la sagesse naturelle et la sagesse de Dieu en insistant sur le fait que la sagesse humaine et la révélation naturelle ne peut pas aller au fond des choses. Il lancera l’argument plus tard dans l’épître, que pour comprendre la vraie sagesse, il faut que Dieu nous la révèle par son Esprit.

Dernier point sur la sagesse humaine dans ce passage : “…afin de ne pas vider de son sens la mort du Christ sur la croix.” (version Bible Semeur) La sagesse humaine sous-entend deux choses : 1) la capacité de mériter la rédemption; 2) que la rédemption est réservée aux éduqués, aux sages, etc… Le salut par grâce va à l’encontre d’une sagesse humaine par ce que Dieu ne partage sa gloire avec personne. C’est lui qui est derrière l’oeuvre du salut. Et c’est grâce à sa “grâce” que même la personne la plus immorale, la plus ignorante, et la plus déchue peut trouver la rédemption dans la résurrection de Jésus Christ de la croix puisque c’est Dieu qui appelle.

Application utile

Paul rappelle à l’église de Corinthe que la prédication de la Bonne Nouvelle rassemble l’église. La Bonne Nouvelle rassemble les rachetés par la grâce de Dieu. Elle met en valeur aussi l’oeuvre de Jésus Christ à la croix. Et c’est précisément vers cela que les Corinthiens sont appelés à rechercher une même pensée. C’est dans cette perspective que le baptême n’est pas un badge d’honneur, mais une identification à Jésus Christ.

Trop souvent, nous plaçons une importance sur le baptême qui n’honore pas notre union avec Jésus Christ. Nous le considérons comme un rite de passage qui met son sceau d’approbation sur notre cheminement spirituel. Ceci est loin de la vérité de l’évangile! Le baptême est premièrement une identification avec Jésus Christ, et de façon mystique, une identification au corps de Christ représenté par l’assemblée des croyants dans l’église. Faire du baptême un sujet de discorde dans l’église va donc complètement à l’encontre de l’idée primaire du baptême d’être une expression visible de notre union à Jésus.

Finalement, Paul nous rappelle que la prédication de la Bonne Nouvelle ne peut pas passer à côté d’une discussion sur la grâce de Dieu à l’oeuvre au travers du salut. Ce n’est pas le produit d’une réflexion purement humaine. La grâce de Dieu est une fondation pour la Bonne Nouvelle car elle place l’oeuvre de la rédemption entre les mains d’un Dieu souverain. C’est lui l’auteur du salut. C’est lui qui va chercher le plus indésirable d’entre le hommes pour l’amener à la repentance et l’union avec Lui. Le salut est donc par grâce parce que Dieu est Dieu.