Exclure pour guérir – 1 Corinthiens 5

Notes de prédication pour dimanche 6 décembre 2009

1 Corinthians 5 fait mention tout particulièrement de la discipline biblique au sein de l’assemblée. Nous allons considérer une perspective limitée de la discipline au travers du chapitre  5 (compte-tenu que Paul fait référence à des échanges précédents avec l’Église de Corinthe – plusieurs choses sont donc sous-entendues dans ce chapitre). Nous examinerons 1) le besoin, 2) le commandement, et 3) les limites d’une discipline biblique dans l’assemblée.

Le besoin d’une discipline biblique

lire 1 Corinthiens 5:1-2

Paul n’est pas étonné qu’il y ait le péché dans l’assemblée. Assumer autrement est mal comprendre la grâce que Dieu fait à des pécheurs d’être sauvés par la foi et non par les oeuvres. Le but de la sanctification est d’aller de “progrès” en “progrès” dans le développement de la maturité Chrétienne dans le Seigneur. Mais le péché ne sera vaincu complètement et finalement qu’après le retour et le jugement de notre Seigneur Jésus Christ. (voir Apocalypse 20:14 et 21:4)

Donc, on peut s’attendre à voir le péché dans l’assemblée. Ce qui choque l’apôtre est que l’Église ne fusse rien pour remédier à la situation. Les Corinthiens avaient interprétés les ordonnances de Paul en se séparant des impudiques en dehors de l’Église. Mais Paul les reprend plus tard dans le chapitre (v. 9-10) pour s’être séparés des gens de l’extérieur (c-à-d les non croyants) tout en laissant un frère dans l’Église avoir libre cours à son adultère avec la femme de son père. Ceci explique pourquoi Paul met le doigt sur l’orgueil des Corinthiens.

Le mot “impudicité” ou “débauche” dans certaines versions est le mot grecque porneia. En plus d’avoir une connotation sexuelle, le mot veut aussi traduire un dérèglement du dessein de Dieu pour une bonne chose. Par application, nous sommes tentés par une bonne chose qui ne peut être acquise d’une manière qui est contraire à la loi de Dieu. C’est d’ailleurs ce qui fait la force de la tentation. On s’entend raisonner, “Mais comment est-ce que cela peut être si mauvais si cela me fait sentir tellement bien ?”

Paul mentionne l’orgueil de l’assemblée comme étant une cause du manque de discipline. Il est important de saisir qu’à la base de la discipline biblique se trouve la motivation de l’amour. Ceci est semblable à la dynamique qu’on retrouve chez un parent qui sent la nécessité de discipliner son enfant en vue de son épanouissement et de sa protection du danger. L’orgueil et l’amour ne peuvent co-exister ensemble.

Le commandement (et la raison pour le commandement)

Lire 1 Corinthiens 5:3-8

Comment le commandement de juger dans 1 Corinthiens 5:3-5 s’accorde-t-il avec le commandement de ne pas juger dans 1 Corinthiens 4:5 ?

“Juger” est la traduction du mot grecque kekrina qui signifie émettre une opinion, trancher sur une question. Pour répondre à la question plus haut, nous ne pouvons juger que les actes de ceux qui commettent un péché, et non les motivations du coeur. Dans 1 Corinthiens 4, Paul affirme que ses oeuvres et son ministère ne peuvent pas être jugés des hommes, mais de Dieu qui sonde son coeur.

Par exemple, Matthieu 7:1-5 et 1 Corinthiens 4:5 font tous deux référence à la motivation intérieure. Pour juger correctement de ceux-ci, quelqu’un devrait pouvoir s’insérer dans la peau de la personne et bien saisir les motivations du coeur de la personne. Puisque cela est humainement impossible, cette forme de “juger” s’appelle de la calomnie ou de la médisance. “Juger” dans ce sens est une offense coupable de péché devant Dieu et la personne offensée car on risque donner libre cours au mensonge.

Dans 1 Corinthiens 5:3-5, le commandement de “juger” fait référence à l’acte de la personne qui se dit “frère” et qui vit dans le péché sans réserves dans l’assemblée. Cette personne doit être disciplinée. Dans le cas de 1 Corinthiens 5, on discerne que le frère fautif avait été reconnu comme vivant dans le péché mais que l’Église n’en faisait aucun cas.

L’apôtre Paul ordonne que le frère vivant dans le péché soit “discipliné”, séparé de l’assemblée, ex-communié. La raison ? Afin qu’il soit livrer à Satan pour la destruction de la chaire et que son âme puisse être rescapée pour son salut. (v.5)

Plusieurs observations importantes s’imposent :

a. livré à Satan pour la destruction de la chair… une formule inconnue jusqu’à présent. Nous savons de l’histoire de Job que Satan est un agent destructeur avec un pouvoir limité. Dieu est souverain et utilise les desseins de Satan pour accomplir sa bonne volonté à la toute fin. On peut débattre le terme “Satan” comme faisant l’objet de la volonté divine pour exécuter la sentence. Mais ce qui est plus utile pour nous est le fait que la discipline (l’excommunication) du coupable cherche sa restauration. On peut comprendre que le “frère” est excommunié pour qu’il ressente la souffrance d’être exclue de l’assemblée de ses frères dans le Seigneur et ressente peut-être les conséquences du péchés dans sa vie sans avoir accès à la consolation des frères et des soeurs de l’assemblée. Ceci donne libre cours à son péché, à sa réputation de pécheur non-repentant, et à la discipline naturelle des causes et effets qu’engendrent ses actes dans le monde.

b. l’image du levain… le levain dans les Écritures est souvent comparé au péché à cause du fait qu’il suffit juste d’un peu de levain pour faire lever toute la pâte. (voir Galates 5:9) L’image est celle de la Pâques que Paul utilise pour faire comprendre le but de la vie de l’Église dans le contexte d’une célébration. On ne peut pas permettre qu’un membre porte du “levain” (le péché) sans le désire aussi présent de se débarrasser du levain. Le péché est comme un cancer qui s’introduit dans le corps. Si il n’est pas enlevé, il risque de se propager et d’affecter d’autres membres. La discipline a donc aussi pour but de protéger l’assemblée, autant sa vie corporelle que sa réputation envers les gens de l’extérieur.

Les limites de la discipline dans l’Église

Lire 1 Corinthiens 5:9-13

Paul reproche à l’Église de Corinthe de s’être séparée des impudiques et de s’en avoir vantée tout en laissant aller un frère dans son péché au sein de l’assemblée. La grâce de Dieu est mal appliquée dans le cas des Corinthiens. La grâce de Dieu ne me rend pas libre de faire ce que je veux sans conséquences, mais elle me donne le pouvoir de vivre d’une manière qui glorifie le Seigneur.

a. Ne jugez pas ceux du dehors… car Dieu jugera toute chair au jour du jugement. Pour le Chrétien, il est déjà jugé et trouvé innocent seulement par la sentence mise sur Jésus Christ à sa place. Le Chrétien ne peut donc plus être jugé par Dieu car sa justice à été accomplie ! Pour celui qui ne croit pas en Jésus Christ, son jugement sera exercé au dernier jour devant Dieu qui le jugera de toutes ses oeuvres. L’Église n’a donc aucun mandat de juger ceux “du dehors.” Elle ne peut qu’annoncer la Bonne Nouvelle et appeler tout homme et femme à se repentir de son péché et de se tourner à Jésus-Christ comme seul moyen du salut.

b. Ôtez le méchant du milieu de vous… L’église a le mandat de juger ceux qui professent appartenir à Jésus Christ. Et, elle ne peut le faire qu’en jugeant les actes. Toute accusation d’une offense doit être établie sur la présence de plusieurs témoins. Le but de se jugement doit toujours viser la restauration du fautif dans l’espoir d’un accueil favorable au sein de l’assemblée.

Question pour discussion…

1. Est-ce que l’Église a un mandat pour revendiquer contre ou pour certains sujets auprès de la société ? auprès du gouvernement ? auprès d’un tribunal de justice ?

2. Paul ne semble pas donner de paramètres pour la restauration de la personne excommuniée de l’Église dans 1 Corinthiens 5. Puisque le but de la discipline de l’Église est la restauration du membre qui perpétue son péché, quelles sont les balises de repère pour savoir quand et comment restaurer un membre excommunié ?

La vraie question de 1 Corinthiens 5

En préparant la prédication de dimanche…

L’apôtre Paul prend une direction plus précise et pratique dans ce chapitre comparé aux chapitres précédents. Il va d’ailleurs passer des “fondations théologiques” à la “pratique dans la vie de l’Église.” Dès les premiers versets, nous nous rendons compte qu’il va droit au problème.

1 On entend dire généralement qu’il y a parmi vous de l’impudicité, et une impudicité telle qu’elle ne se rencontre pas même chez les païens; c’est au point que l’un de vous a la femme de son père.

2 Et vous êtes enflés d’orgueil! Et vous n’avez pas été plutôt dans l’affliction, afin que celui qui a commis cet acte fût ôté du milieu de vous! (1 Corinthiens 5:1-2)

Quel est le vrai problème ? C’est quoi au juste l’enjeu de ce chapitre ? Est-ce que Paul s’étonne qu’il y ait des évidences du péché dans l’assemblée ? ou est-ce plutôt que l’Église ne fait rien devant l’évidence du péché au sein de l’assemblée ?

On pourrait passer du temps à décrire les ravages de l’impudicité (c-à-d une immoralité qui va à l’encontre d’un bon ordre des choses). Mais Paul semble être moins préoccupé par le fait qu’il y ait de l’immoralité à Corinthe qu’il soit préoccupé par le fait qu’on entend dire généralement qu’il y a parmi l’Église de l’impudicité. Ce que les mots nous laissent entendre est le fait que cette conduite immorale avait libre cours et personne n’osait en dire un mot.

Le verset 2 nous confirme cette pensée. Paul aurait pu dire, “vous êtes immorales !” Mais non ! “Vous êtes enflés d’orgueil !” En d’autres mots, “vous êtes rebelles à la direction du Seigneur !”

La vraie question du chapitre 5 est le manque de discipline biblique au sein de l’assemblée de Corinthe.

Questions à développer pour la prédication

Quel est un modèle de discipline biblique dans les Écritures ?

Comment le modèle de discipline biblique diffère-t-il de la discrimination ou l’intolérance  que nous retrouvons dans certains systèmes de croyances au sein de notre société ?

Qu’auraient dû faire les Chrétiens de Corinthe devant ces circonstances ?

Le modèle d’une direction mature dans l’assemblée

Notes de prédication pour 1 Corinthiens 4

Le context pour le chapitre 4 suit la progression de l’argument de l’apôtre Paul contre le comportement des Corinthiens dans l’Église. Prétendant avoir de la sagesse et de posséder des dons de la parole et de la connaissance, l’Église de Corinthe manifestait des signes troublants d’immaturité spirituelle.

Contexte du chapitre 4

1 Corinthiens 2 : Quelles sont les marques de la maturité spirituelle chez le Chrétien ? …se nourrit de la Parole de Dieu pour lui-même ; a appris à dépendre de Dieu ; grandit d’elle-même …le Chrétien mature sait mettre ses dons à la disposition des autres membres de l’assemblée.

1 Corinthiens 3 : Quelles sont les marques de la maturité spirituelle d’une Église ? …dépend de Dieu de façon remarquable dans l’exercice de ses ministères
; même pensée mais diversité de ministères selon les dons de chaque membre, humilité d’esprit (se soumettent les uns aux autres dans l’amour et la crainte de Dieu)
; bâtissent sur Jésus-Christ avec des oeuvres de qualité (coûte quelque chose)

1 Corinthiens 4 : Quelles sont les marques d’une direction spirituellement mature dans l’Église ?

Notre parcours dans 1 Corinthiens 4

  • 1 Corinthiens 4:1-7 …quel devrait être le rôle des “bergers” vis-à-vis de l’Église, et de l’Église envers les “bergers” ?
  • 1 Corinthiens 4:15-16 …quelle est notre responsabilité envers ceux à qui nous témoignons ?
  • 1 Corinthiens 4:20 …quel est le résultat de la sagesse de Dieu appliquée dans la direction de l’Église ?

1 Corinthiens 4:1-7

Nous utiliserons l’image du berger et du troupeau pour saisir ce à quoi Paul référence lorsqu’il parle de “serviteurs” et “dispensateurs” des mystères de Dieu. Le rôle “berger” dans l’assemblée est de bien gérer le “troupeau” de Dieu pour le bien des “brebis”et la gloire de Dieu. Voici quelques observations concernant la relation entre le serviteur de Dieu et le troupeau de Dieu.

  • les “bergers” sont au service de Christ – savent écouter la direction du Seigneur pour l’Église (le troupeau)
  • les “bergers” dispensent les mystères de Dieu – discernent quel est le terrain favorable pour l’Église (sécurise les brebis)
  • les “bergers” font prospérer l’Église – exercent leur ministère avec une puissance qui influence la vie des membres de l’Église en vue de leur épanouissement dans le Seigneur

Note : Il est intéressant de noter que les mêmes principes qui s’appliquent à la relation entre le leadership de l’Église et l’assemblée se retrouvent aussi dans la relation entre un mari et son épouse.

Considérons maintenant la même relation du point de vue des “brebis” dans l’assemblée.

  • les “brebis” honorent leurs “bergers” – reconnaissent que Dieu met en place souverainement ses “bergers”
- reconnaissent que Dieu affermit et corrige souverainement ses “bergers” (c-à-d brebis)
  • les “brebis” respectent leurs “bergers” – reconnaissent que Dieu donne un appel unique mais complémentaire à chaque “berger”
; ils prient pour leurs “bergers”
  • les “brebis” veulent le bien de leurs “bergers” – voici l’image des brebis et du berger démontre ses limites …car les dirigeants de l’assemblée sont aussi des enfants de Dieu au même titre que les autres Chrétiens de l’assemblée. Leur rôle est au service de Dieu pour le bien de l’assemblée. Les membres de l’assemblée se soumettent donc à la direction du Seigneur au travers des anciens de l’assemblée tout en encouragent leurs “bergers” d’être fidèle au Seigneur. C’est pour cela qu’on doit reprendre un ancien lorsque c’est nécessaire, mais pas n’importe comment. (voir 1 Timothée 5:1)

1 Corinthiens 4:8-16

Il est intéressant de noter que l’apôtre Paul utilise un peu d’ironie pour corriger les Corinthiens. Les illustrations et les exemples qu’il expriment au cours des versets 8 à 14 doivent être comprises dans la perspective d’un père spirituelle qui reproche à ses enfants qu’ils se vantent pour rien. Les Corinthiens avait mal jugé de leur statut comme enfant de Dieu pour se vanter de leurs propres avantages. Paul fait un contraste assez fort entre eux et son ministère pour leur faire comprendre à quel point ils sont dans l’erreur. Les bénédictions de Dieu et les dons de Dieu pour l’assemblée ne sont pas données pour faire prospérer l’individu qui en est le receveur, mais bien plus pour glorifier Dieu. Pour Paul, le chemin de la glorification l’a amené à souffrir pour la cause de l’Évangile. L’image que communique Paul au verset 13 est celle de la présentation finale qu’on réservait dans un cirque romain où l’on faisait périr les esclaves et les prisonniers. Ceux qui étaient condamnés à mort avec aucune espérance de survie étaient réservés pour la fin du spectacle. Paul fait allusion que pour lui, être apôtre, signifiait réellement un renoncement à lui-même pour réellement glorifier Dieu en lui donnant ce qu’il avait de meilleur – sa propre vie.

Le verset 15 a une application toute particulière pour nous “…soyez mes imitateurs.” L’application pour nous pourrait être la suivante : Que fais-tu de ceux à qui tu as témoigné de l’Évangile ?

  • “faire des disciples” requiert une fidélité : investis dans son encouragement
- investis dans la prière
- investis dans sa croissance spirituelle de la personne à qui tu as témoigné
  • “faire des disciples” requiert du leadership : modeler la puissance de l’Évangile à l’oeuvre dans mon comportement
- modeler la puissance de l’Évangile à l’oeuvre dans mes relations

1 Corinthiens 4:17-21

Beaucoup de choses pourraient être dites sur ces derniers versets, mais nous allons nous arrêter simplement sur le verset 17, “…quelle est la manière dont j’enseigne…”

Quelle est l’évidence que la sagesse de Dieu est à l’oeuvre au sein de la direction d’une Église ? La sagesse de Dieu au travers de l’Évangile est à l’oeuvre dans les bergers de l’assemblée lorsque le berger applique l’Évangile
dans tous les domaines de sa vie pour influencer de façon signifiante la vie des brebis sous sa charge. Cette puissance spirituelle à l’oeuvre dans le ministère du berger laisse des traces dans la vie de ceux qu’il sert dans l’assemblée. Il est comme un courant d’eau dans le désert qui au cours d’une pluie torrentiel creuse un fossé dans l’argile pour acheminer l’eau.

Lire aussi 1 Corinthiens 1:18; 2:5 ; 2 Timothée 1:8
; Romains 1:16 en prêtant attention au terme “puissance de Dieu.”

La direction spirituelle de l’assemblée doit donc manifester une certaine puissance. L’oeuvre du Saint-Esprit dans l’assemblée, et en particulier au travers de “bergers fidèles” est d’opérer un changement dans la vie des “brebis” au travers de l’application de l’Évangile. Ceci témoigne particulièrement de Jésus Christ, sa personne et son oeuvre. C’est dans ce sens que la prédication de la Parole devient à la fois vivante et vivifiante. Le prédicateur lui-même mettant ce qu’il prêche en pratique dans sa vie. C’est aussi dans ce sens que ses gestes parlent aussi forts que ses paroles.

Questions pour discussion

1) Comment les “bergers” de l’assemblée peuvent-ils modeler l’Évangile en vue de l’épanouissement des membres de l’Église ?

2) Comment les “brebis” de l’assemblée peuvent-elles honorer la direction du Seigneur Jésus-Christ au travers des leaders de l’Église ?

Un berger est aussi un disciple

Quelques réflexions au sujet de la prédication sur 1 Corinthiens 4

Beaucoup de ce que Paul écrit au chapitre 4 vise directement le ministère des anciens dans une assemblée. Il rappelle aux Corinthiens que les bergers de l’assemblée sont aussi des disciples. Ils n’occupent pas une position de leadership pour des raisons personnelles.

Après avoir comparé l’homme “charnel” avec l’homme spirituel au chapitre 2; l’Église immature avec l’Église spirituellement mature au chaptire 3; Paul s’adresse toujours aux Chrétiens de Corinthe, mais on mettant une emphase particulière sur le leadership au sein de leur assemblée. Ce qui est un peu difficile à distinguer est le fait que Paul s’adresse autant aux dirigeants qu’à l’assemblée au complet. Paul corrige, mais en corrigeant, il enseigne. Comme le père spirituel de l’Église, Paul a pour but le rétablissement des chrétiens de Corinthe. C’est un bon exemple pour nous à considérer lorsque nous avons à coeur la discipline dans l’église. Le but de toute discipline est le rétablissement d’un frère ou d’une soeur à Jésus Christ. Ce n’est pas une opportunité pour nous d’exercer le droit de contrôle parce que les choses ne vont pas à notre manière de voir ou de penser. La question est : comment Christ peut-il être exalté dans cette situation ?

Concernant les dirigeants

“Ainsi, qu’on nous regarde comme des serviteurs de Christ, et des dispensateurs des mystères de Dieu.” (1 Corinthiens 4:1)

Le mot “serviteur” est traduit du mot Grec huperetes qui désigne la personne qui rame dans un navire sous la direction d’un commandant. C’est un rameur subordonné. Le mot “dispensateur” ou “administrateur” dans certaines versions traduit le mot Grec oikonomos qui désigne un gérant, quelqu’un qui administre les biens d’un autre dans le but rendre un profit au propriétaire des biens. Ces deux expressions en disent long sur les qualités et les responsabilités d’un “berger” dans une église. Paul semble percevoir que la raison pourquoi il y a des disputes dans l’Église de Corinthe est en partie la faute des responsables qui ont tellement prit à coeur leur réputation et leur valeur au sein de l’Église qu’ils ont mit de côté la réalité qu’ils sont des administrateurs au service dévoué de Jésus Christ. Leur rôle dans l’Église n’est pas l’obtention d’une position, mais l’activité d’un responsable qui est au service du Seigneur Jésus Christ pour la croissance et l’épanouissement spirituel des Chrétiens.

Ils ont autant le regard sur les brebis que sur leur maître. Ils devraient donc ressentir autant un amour pour les brebis qu’un sens de responsabilité envers le maître – Jésus Christ – celui à qui ils ont a rendre des comptes à la fin.

Le verset 7 devrait être une question que les anciens se posent régulièrement dans l’exercice de leurs service au sein de l’assemblée, “7 Car qui est-ce qui te distingue? Qu’as-tu que tu n’aies reçu? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l’avais pas reçu?” (1 Corinthiens 4:7)

Questions pour discussion

Comment une assemblée peut-elle assurer la pluralité du leadership au sein de l’Église en évitant le culte de la personnalité ?

Posée d’une autre façon, la question serait : Comment les anciens de l’assemblée peuvent-ils accomplir la gérance de l’assemblée de façon à ce qu’ils ne contribuent pas à…

… l’élévation inutile d’un ancien (parce qu’il a du charisme naturel ou parce qu’il est particulièrement habile avec les relations personnelles) ?

… l’élévation inutile du pasteur simplement par habitude (parce que le pasteur est l’ouvrier à temps plein ou c’est lui qui prêche en avant) ?

Le vrai test d’un leader efficace

Notes de prédication pour 1 Corinthiens 4 pour dimanche 22 novembre…

1 Corinthiens 4 s’adresse particulièrement aux leaders de l’Église de Corinthe. Nous constatons que dans l’église de Corinthe, il y avait différents individus qui démontraient des grandes capacités de leadership. Nous constatons aussi que ceux-ci n’étaient pas nécessairement en accord avec Paul. C’est le verset 5 qui attire mon attention. Paul n’essaie pas de se vanter ou de dire qu’il est quelque chose de spécial. Il s’en remet à Dieu qui est le seul juge.

C’est pourquoi ne jugez de rien avant le temps, jusqu’à ce que vienne le Seigneur, qui mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et qui manifestera les desseins des coeurs. Alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui sera due. (1 Corinthiens 3:5)

On peut facilement juger de notre performance comme leader en se basant sur notre performance à nos yeux, on en se basant sur ce que les gens autour de nous nous disent. Le verset 5 nous rappelle que notre “performance” est jugée de Dieu. L’Église lui appartient, et Lui connaît ce qu’il y a dans le coeur de chaque individu. Cela veut dire qu’un leader d’école du dimanche, de louange, un ancien, un pasteur peut paraître avoir un ministère “louable” mais Dieu regarde le coeur de la personne.

Nous aurons donc des comptes à rendre pour la manière dont nous aurons exercé notre leadership au sein de l’Église du Seigneur. Ceci est à la fois réconfortant et terrifiant. “Réconfortant” parce que je n’ai pas à m’inquiéter de ce que les gens pensent. Ce n’est pas premièrement pour eux que j’exerce mon ministère et mes dons. Mais aussi “terrifiant,” parce que Dieu juge les motivations de mon coeur. Dieu est concerné par la croissance et l’épanouissement de son Église. Il a tout un intérêt à préserver son troupeau et de placer à son service des bergers qui lui sont fidèles.

Conducteur de louange

Avis aux intéressés et surtout les directeurs de louange dans une église. Le site internet “Conducteur de louange” est un outil qui peut vous être vraiment utile et vous sauver du temps. (www.conducteurdelouange.com) Je viens de faire des recherches sur un cantique dont je n’avais que certains mots, et voilà que le site me sort tous les chants avec ces mots, non pas juste dans le titre, mais dans les paroles du chant.

Deux aspects fort utiles du site se présentent :

  1. Si tu as un thème pour la louange et tu cherches des chants qui mettent en évidences certaines idées, tu n’as qu’à faire une recherche sur le site. Une liste de chants reliés te revient sur la page en dedans de deux secondes (selon la vitesse de ton service internet).
  2. Si tu as besoin de faire une nouvelle acétate, ou tu utilises le projecteur pour les paroles : tu peux facilement sélectionner le texte et le copier dans ton programme pour le traitement de texte. Je l’ai expérimenté avec WORD et Pages sur un Mac, et ça fonctionne très bien. Il faut juste changer la couleur du texte.

Si vous connaissez d’autres sites intéressants de ce genre, ne vous gênez surtout pas de nous envoyer le lien. On le mettra sur ce site comme référence.

Un lien est fourni en permanence pour “Conducteur de louange” sur la barre de droite du blogue dans la rubrique “Général.”

L’Église mature – 1 Corinthiens 3

Quelle est la mesure de la maturité de l’Église ? Comment pourrions-nous nous y prendre pour considérer notre propre assemblée ? Ou, par exemple, je viens de déménager et je me cherche une assemblée à laquelle me joindre, vers quoi devrais-je diriger mon attention ?

1 Corinthiens 3 fait suite au chapitre 2 par l’application de la sagesse révélée non plus à l’individu, mais maintenant à la communauté de l’Église. Paul prend des illustrations de la vie de tous les jours chez les Corinthiens. Et dans ce cas-ci, nous considérons l’Église dans la perspective d’une famille, d’un champ cultivé, et d’une bâtisse.

Famille

Une famille est composée de membres différents à certains niveaux, et semblables à d’autres niveaux. Paul parle ici d’une famille qui est renouvelée par la nouvelle naissance. La famille de Dieu est une famille spirituellement vivante. L’Esprit de Dieu domine dans toutes les relations propres à cette famille. Mais la famille de l’Église contient aussi une certaine diversité. Tous ses membres n’ont pas les mêmes dons et mêmes capacités. C’est comme dans ma famille, nous ne sommes pas tous les mêmes, mais nous tendons à avoir une ressemblance familiale.

La question à considérer est si l’Église utilise ses dons au profit de la famille ou au profit de l’individu (le moi) dans la famille. Car, les Corinthiens avaient l’évidence de plusieurs dons, mais en lisant les chapitres 2-3 de la lettre de Paul, nous nous rendons à l’évidence que les dons étaient utilisés pour se vanter personnellement. En fait, la maturité du Chrétien se démontre par sa capacité de faire bon usage de son don au profit des autres membres.


Le champ cultivé

La deuxième image que Paul utilise est celle d’un champ cultivé. Plus précisément, Paul parle d’un champ dans lequel l’Église travaille ensemble. Le champ appartient à Dieu. Et c’est Dieu qui fournit la semence. Les membres de la famille de Dieu doivent labourer, planter, arroser, et récolter. L’Église doit donc dispenser librement de la semence et s’en remettre à Dieu pour la récolte. Car c’est Lui qui fait croître.

Nous pouvons donc discerner trois principes pour cultiver la maturité de l’Église :

  1. Puisqu’il y a diversité de dons, il devrait y avoir une diversité de ministères ou d’oeuvres dans l’Église. Chaque membre doit être encouragé à développer son don pour le mettre au profit des autres. Un don n’est pas nécessairement meilleur ou plus utile qu’un autre. C’est l’intensité avec laquelle se don est dispensé qui à de l’effet dans l’assemblée.
  2. Puisqu’il y a un seul maître de la moisson (Dieu), il devrait y avoir la recherche d’une même pensée dans l’Église. Dieu accomplit son oeuvre de façon unifié et harmonieuse. Ceci révèle justement que toutes les oeuvres diverses proviennent de la même source. Puisque Dieu est immuable dans sa nature, toutes ses oeuvres sont fidèles à sa nature. Dieu ne peut pas accomplir une oeuvre qui ne s’accorde pas avec qui Il est. La même chose devrait être dite de l’Église. “L’Église ne devrait pas s’investir ou accomplir une oeuvre qui ne reflète pas la nature de Christ au sein de l’Église.”
  3. Puisque c’est Dieu qui fait croître, il devrait y avoir une certaine humilité d’esprit dans l’Église. Les résultats ne dépendent pas de l’intensité avec laquelle nous exerçons nos dons. L’intensité avec laquelle nous faisons usage de nos dons devrait révéler la gloire de Dieu. C’est Dieu qui prend soin des résultats. Dans la perspective d’un champ cultivé, nous pourrions conclure que le succès de la récolte dépend de Dieu, et dépend de notre capacité de glorifier (de mettre en évidence) Dieu dans le travail (de labourer ou de planter par exemple).

La bâtisse

Quelle est l’évidence que la fondation d’une Église est solide ? Paul nous rappelle que nul ne peut bâtir l’Église si ce n’est sur Jésus Christ. Qu’est ce que cela veut dire ? (voir Apocalypse 1-3 par exemple)

L’Église appartient à Dieu. La famille, le champ cultivé, la bâtisse appartiennent tous à Dieu. On se trompe si on pense que l’Église appartient au pasteur, aux anciens, à des membres individuels. Ce n’est pas pour nous que Dieu à créer l’Église, mais pour sa gloire. C’est son oeuvre. Et nous, nous participons dans l’oeuvre de Dieu. (1 Corinthiens 3:21-23)

En plus de bâtir sur une fondation solide, nous devons aussi prêter attention au choix des matériaux que nous utilisons dans la construction. Dieu aime les matériaux précieux. Il ne ménage pas ses dépenses pour la construction de l’Église. Voici donc quatre principes à retenir dans la construction du corps de Christ :

  1. Nous devons bâtir sur Jésus Christ. (v.10-11)
  2. Nous devons user de discernement dans le choix des matériaux. (v.12-17)
  3. Nous devons bâtir selon le plan de Dieu. (v.18-20)
  4. Nous devons bâtir pour honorer Dieu. (v.21-23)

Le caractère individuel de la sagesse de Dieu doit donc aussi être refléter dans l’Église en générale. L’Église n’est pas un simple club social où je paie une cotisation hebdomadaire. Elle est une assemblée de personnes renouvelées par l’Esprit de Dieu qui cherchent à s’édifier mutuellement sur la base de ce que Christ a accomplit. Participer à l’oeuvre de Dieu est donc la plus grande joie et la plus grande gloire pour le Chrétien.

 

Question à discussion : On entend parfois des histoires tragiques de personnes qui furent blessés par d’autres Chrétiens dans une assemblée. Quelles habitudes est-ce que les membres d’une Église peuvent cultiver pour éviter le plus possible d’offenser inutilement un frère ou une soeur dans le Seigneur ?